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| Traditions
et Origines des Mythes Celtes, Amérindiens et des fêtes Européennes sur les parchemins de la Vouivre . |
| Les
Rois Mages et autres personnages porteurs de cadeaux |
| Les trois Rois Mages supposent les personnages porteurs de cadeaux les plus connus de la tradition espagnole actuelle. Pourtant ils ne sont pas seuls. D'autres personnages, associés aussi au cycle de Noël coexistent dans nos pays, parmi lesquels on peut parler d'Olentzero, au Pays Basque, une sorte d'ogre, noir comme le charbon, qui annonce Noël (il vient des montagnes, le soir du 24 décembre) et porte des cadeaux aux enfants, à la condition que ceux- ci lui chantent une mélodie traditionnelle. À Catalunya on célèbre presque partout le "Caga-tió": un tronc qu'on brûlait dans les vieux temps au foyer et qui donnait des biens aussi précieux que la chaleur et la lumière et qui offrait aussi, de façon symbolique, des cadeaux aux gens de la maison: des friandises, du nougat. Le "tió" devient un être magique, qu'il faut alimenter, et qui habite pendant quelques jours dans la cuisine de la maison. Il a une certaine forme d'animal, avec des pattes, une tête et une langue, et il faut lui offrir des aliments et de l'eau pour pouvoir recevoir de lui des cadeaux. Ces dons ont changé avec les temps: au commencement c'était des sucreries propres du Noël, ce dont on avait besoin pour célébrer une fête. Aujourd'hui ce sont des cadeaux beaucoup plus importants. Mais ce n'est pas une machine qui porte des cadeaux: c'est un être vivant qu'il faut frapper pour qu'il chie (la tradition est quelquefois aussi scatologique) des cadeaux. Beaucoup de ces "tios" commencent leur tâche après la Messe de Minuit, d'autres le jour de Noël, et il y en a d'autres qui continuent leur tâche le lendemain, fête de "Sant Esteve": Saint Etienne, le 26 décembre est aussi férié en Catalunya, jusqu'à ce qu'il soit visité par tous les petits de la famille. Faire "cagar el tió" est une petite cérémonie domestique, d'une communauté réduite (la famille, l'école, le groupe d'amis); après le cantique traditionnel on frappe le tronc jusqu'à ce qu'il lâche sa précieuse charge. Le cycle du cadeau commence la Nuit de Noël et finit avec les Rois Mages, ceux qui sont venus, d'après les Evangiles, de l'Orient pour adorer l'Enfant Jésus à la Crèche de Bethléem. Cette offre de cadeaux est toujours associée au cycle de Noël. Il y a même, dans la tradition valencienne actuelle, et dans d'autres traditions vivantes en Espagne, l'habitude de donner de l'argent aux plus jeunes, souvent le jour de Noël, mais aussi le jour de l'An et même le Jour des Rois, ce qu'on appelle las "estrenas" o el "aguinaldo". Pour recevoir cet argent il faut faire une espèce de cérémonie d'obéissance, a l'origine sûrement du Droit Romain: il faut souhaiter le bonheur aux plus âgés, en chantant ou en récitant certaines formules rituelles ou même, encore aujourd'hui, en leur baisant la main comme signal de respect (il faut le faire pour recevoir l'argent!). La fête des Rois Mages constitue la fin du cycle de Noël, un temps différent dédié à la famille et aux enfants, qui sert aussi, dans plusieurs villes de València, à renforcer les relations d'amitié. Bien que cela choque, il ne manque pas des lieux où l'on considère le repas de la Nuit de Noël comme un repas d'amis, tandis que le repas du jour de Noël qui est beaucoup moins apprécié partout en Espagne, devient ici l'élément qui unit les familles. En tout cas (Olentzero, Caga-tió, Aguinaldo, Reyes Magos), on reçoit un cadeau à cause d'un effort: une chanson, une cérémonie, ou même une volonté ("haber sido buenos a lo largo del año" - être sages pendant toute l'année): cette petite humiliation a son prix, mais elle suppose surtout un rituel pour intégrer les plus petits dans l'ensemble de relations familiales et sociales En passant, vous vous souvenez de leur nom et de ce qu'ils apportaient ? Melchior, apporta de l'or, Gaspard offrit de l'encens, et Balthazar la "myrrhe". Symboliquement l'or est pour le roi, l'encens pour le dieu et la myrrhe pour l'homme. Je me rend compte que je n'ai pas dit grand chose sur la fameuse galette... Depuis le Moyen-Age, on fête l'Epiphanie en leur honneur le 6 janvier, en mangeant une galette contenant une fève. Cette coutume française se pratique depuis le XIVè siècle. Autrefois, on partageait la galette en autant de parts que de convives plus une, au cas où un étranger ou un pauvre se présenterait : cette portion supplémentaire était appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge"... Le mot "épiphanie" est tiré du grec et signifie "apparition". Cette célébration correspond à la présentation de l'enfant Jésus aux Rois Mages, et était la date du baptême du Christ. Le 6 janvier est également le jour du premier miracle des Noces de Cana... Depuis le Vè siècle, l'église accorde une grande importance à cet évènement. Pendant plusieurs siècles, les chrétiens d'Orient ont célébré la Nativité le jour de l'Epiphanie. C'est au premier siècle que l'on avança la date de la naissance du Christ au 25 décembre. |
| Le
Gui : Plante sacrée des Druides et Traditions de l'An Neuf > Le Nouvel An |
| Chez les Druides, le gui était considéré comme une plante sacrée. Selon eux, cette plante avait des propriétés miraculeuses, dont celles de guérir certaines maladies, d'immuniser les humains contre les poisons, de leur assurer la fertilité et de les protéger des méfaits de la sorcellerie. De plus, lorsque des ennemis se rencontraient sous le gui dans la forêt, ils devaient déposer leurs armes et observer une trève jusqu'au lendemain. C'est de là que proviendrait, paraît-il, cette ancienne coutume de suspendre une boule de gui au plafond et d'y échanger un baiser en signe d'amitié et de bienvaillance. Une autre version raconte cependant que cette coutume, fort répandue chez les anglo-saxons, était rattachée à la légende de Freya, déesse de l'amour, de la beauté et de la fécondité. Selon la légende, un homme devait embrasser toute jeune fille qui, sans s'en rendre compte, se trouvait par hasard sous une gerbe de gui suspendue au plafond. Même si sa signification païenne a été oubliée depuis longtemps, la coutume d'échanger un baiser sous le gui persiste encore dans de nombreux pays européens et au Canada. Ainsi, un baiser échangé sous le gui par un couple d'amoureux est interprété comme une promesse de mariage, tout en se voulant un présage de bonheur et de longue vie. En France, la coutume relative au gui était réservée au jour de l'An : "Au gui l'An neuf". Aujourd'hui, le baiser sous le gui peut se faire tout au long des fêtes. |
| En Europe les Cucurbitacées sont liées à la stupidité et à la femme que l'on traite de gourde lorsque ses actes sont idiots. Au premier siècle après J-C, Sénèque philosophe de l'époque hellénistique, écrivit après la mort de l'empereur romain Claude, l'Apocolocynthose, que ce dernier avait été transformé en citrouille. Cet empereur romain ne fut pas le seul a être transformé en citrouille. En 1868, André Gill se verra condamné pour avoir publié dans le journal " L'éclipse " une citrouille dans laquelle les magistrats reconnaîtront le portrait-charge d'un juge. La représentation de tout fruit avait été rendu suspecte aux yeux de la justice depuis la représentation de la poire, représentant le roi bourgeois Louis Philippe par Charles Philipon, qui donna le ton de la caricature française. Plus proche de nous, si la citrouille et autre gourde sont encore utilisé pour caricaturer hommes politiques et autres, on ne pas oublier la transformation de Walt Disney d'un carrosse en citrouille dans Cendrillon. En Afrique, on consomme les courges en tant que symbole de l'intelligence. Chez les Bambara qui est un peuple malien d'origine établi dans la région de Bamako et de Ségou, la gourde est le symbole de l'Oeuf cosmique, de la gestation, de la matrice féminine où s'élabore la vie. Le cordon ombilical est alors appelé la corde de la gourde de l'enfant. En extrême Orient, les courges sont liées au symbole de l'abondance et de la fécondité en raison de ses nombreuses graines. A Haïti, la gourde est la monnaie nationale qui se divise en 100 centimes, soit environ 5,33 francs. Les courges célestes des Taï contenaient les hommes, les variétés de riz et les manuels de sciences secrètes. Source de la vie, la courge est aussi le symbole de régénération spirituelle pour les taoïstes qui voient en elle une nourriture d'immortalité. L'ancêtre des Chinois P'an-kou aurait été sauvé du déluge par une courge qui lui aurait permit d'atteindre les lies des immortels. Au Laos, la légende de la courge veut que celle- ci soit la mère des hommes et du déluge. En langue vietnamienne, la calebasse sert à désigner la forme de la terre, et chez Les Dogons, elle est la matrice du soleil. Si chez nous la calebasse est un ornement inutile ce qu'illustre les chinois par ce proverbe : " suis-je une calebasse qui doit rester pendue sans qu'on la mange ? ". Au Bénin, elle est le support de gravure, et dans tout l'Afrique c'est un des matériaux principal de masques traditionnels. Mais les courges inspirent aussi le Japon, la gourde fut le cachet du peintre murale japonais Motonobu Kaño, et le cinéaste Ozu Yasujiro en fit un film dans les années 20, " la Citrouille ". La courge est aussi associée à la magie, et partage également avec la coloquinte une réputation diabolique. On dit en effet qu'on peut-être possédé du démon si on a bu de l'eau conservée dans une courge qui n'avait pas subie tout un rituel de désenvoutement. Les traditions européennes font de la courge " le moyen d'introduire le diable dans le corps humain ". Pour les provençaux, le simple fait de la regarder peut être funeste. La légende veut qu'une citrouille pourrit si elle est montrée du doigt. Et s'il est bien connu que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses, ce sont les lutins qui naissent dans les coloquintes. On confère à la citrouille des vertus thérapeutiques, par exemple des pépins concassés débarrassent des vers intestinaux, pilés avec de l'huile, ils font disparaître par friction les taches de rousseur. Ses grains apaisent en outre les ardeurs amoureuses. En Afrique, les sorciers se servent de calebasses pour éloigner le mal, ils y glissent des pois secs ou des osselets, et s'en servent comme hochets qui, agités vigoureusement effraient les démons. Les sorciers mauritaniens " lisent " les augures en faisant se battre deux scorpions à l'intérieur d'une courge. Cette symbolique péjoratif que porte les courges dans notre culture explique en partie le désintéressement porté a ce légume. Pourtant de nos jours, on peut constater une redécouverte de la courge en général. Par la diversité variétale des courges, des jardiniers passionnés participent activement au succés des " foires aux potirons " qui séduisent le public, et met en valeur leur diversité, leur côté décoratif et leur richesse culinaire et diététique. |
| Le
2 février : Le jour de la Chandeleur. origine et dictons |
| "Rosée à la Chandeleur, Hiver à sa dernière heure" "A la Chandeleur, L'hiver s'apaise ou reprend vigueur" "A la Chandeleur le jour croît de deux heures" "Hypapante enneigé, greniers bien chargés" "Hypapante". Ce dernier terme signifie "ce qui vient au-devant" sous- entendu de la gloire. Cette journée marque une transition entre l'hiver et le printemps. Dans toute la Méditerranée orientale, elle était journée de repos : "les moulins chôment, les esclaves chôment et les ânes se reposent". Aucun rapport avec les vacances de février d'aujourd'hui, bien sûr !!! Cette fête a peut-être, comme d'autres, une origine plus lointaine et païenne, rattachée au culte solaire. C'est le pape Gelase qui, dit- on, eut le premier l'idée d'offrir au XIIè siècle ces grandes galettes aux pélerins fatigués, nouvellement arrivés à Rome, pour fêter Jésus, d'où la tradition de faire des crêpes comme au Mardi Gras. Les cierges de la Chandeleur éloignent l'orage, les mauvais sorts, la mort, et les démons de la nuit. En 1812, à la Chandeleur, Napoléon 1er avait tenu à faire des crêpes avant la campagne de Russie. Ayant réussi à faire sauter les quatre premières, il fut mortifié en loupant la cinquième. Le jour de l'incendie de Moscou, quelques mois plus tard, il dit à Ney : - C'est ma cinquième crêpe ! Il faut faire des crêpes à la Chandeleur si on ne veut pas pisser toute l'année ! Se les passer sur la figure avant de les manger préservera des piqûres de mouches et de moustiques ! Les faire sauter dans la poêle amène argent et bonheur. La première crêpe de la Chandeleur placée sur l'armoire ne moisit jamais ! |
| Chandeleur, ça vient de chandelier ? |
| Oui, ou plutôt de chandelle. Une fois de plus, comme nous l'avons vu pour la fête d'Halloween et aussi pour celle de Sainte Lucie,rattachée maintenant aux festivités qui entourent la Nativité, la fête de la Chandeleur est liée à la LUMIERE. Mais aussi à la PURIFICATION, la FECONDITE, la PROSPERITE, toujours très proches dans les croyances et traditions. |
| D'abord les Romains. |
| A l'époque romaine, on fêtait à cette date, vers le 15 février, le dieu de la FECONDITE Lupercus au cours des Lupercales, Lupercalia, jours de la fertilité, car c'était le début de la saison des amours chez les oiseaux ! et nous verrons par ailleurs qu'un certain Valentin, opposé aux romains, a son mot à dire le 14 février |
| Et encore les Celtes ! |
| Ensuite, il faut rappeler que l'on trouvait un rite lié à la PURIFICATION chez les Celtes, encore eux, ceux qui craignaient tant le noir et le froid au soir de la grande nuit d'Halloween. A l'inverse, l'hiver tirait à sa fin en février : la fête d'Imbolc le 1er février (à noter qu'ils avaient à nouveau un jour d'avance sur la fête catholique !) était fête de la purification de l'eau, pour s'assurer fertilité et fécondité avec le retour de la vie en cette fin d'hiver. |
| Ensuite la naissance de Jésus. |
| Là tout se complique et beaucoup de catholiques ne savent plus trop de quoi il s'agit. Car le 2 février est officiellement aujourd'hui la "Purification de la Vierge". Mais Dieu a préservé Marie du péché originel, alors pourquoi cette purification? En fait Marie se sait simple mère et elle est juive. Elle se conforme donc tout simplement à la loi de Moïse, car selon les rites hébraïques, la mère doit se présenter au temple avec son enfant nouveau-né. Jésus, enfant juif, est présenté au Seigneur au temple par ses parents 40 jours après sa naissance. On fait le sacrifice de tourterelles ou de petits pigeons. Quoi qu'il en soit, Marie rencontre Saint Simeon qui prophétise devant elle le destin tragique de son fils. Lui qui jusque là n'était que la lumière du monde, le messie tant attendu. |
| Enfin l'église catholique. |
| Cette fête se situe 40 jours après Noël. Cette journée porte le nom de Chandeleur car on conservait les chandelles allumées ce jour-là et portées dans les églises pour s'assurer de bonnes récoltes. Le feu de ces chandelles était censé combattre les esprits du mal de l'hiver. Dans de nombreuses régions, on accorde aux chandelles allumées le jour de la Chandeleur le pouvoir de protéger du tonnerre, du feu, des tempêtes et des orages. L'église avait entrepris dès la fin de l'empire romain un vaste chantier de remplacement des rites païens par des fêtes religieuses. On l'a vu au sujet de Noël. Ainsi le pape Gélase Ier au Vè siècle (que nous retrouverons au sujet de Saint Valentin) remplaça le vieux rite païen des lupercales, rite de la lumière hérité des romains par une fête religieuse, la fête de la Chandeleur, où l'on commémore 40 jours après Noël un rite & hébraïque. En orient, c'était jour chômé. En occident, on portait des torches en procession, signe de lumière. Cette fête devînt du même coup en 1372 en Avignon fête de la Purification de la Vierge. |
| De torche en chandelle. |
| Mais Chandeleur vient précisément de candela - la chandelle - reprise dans l'expression Festa candelarum, fête des chandelles. Car dans les églises, les torches sont remplacées par des chandelles bénies que l'on conserve allumées, autant pour signifier la lumière que pour éloigner le malin, les orages, la mort,etc & et invoquer les bons augures à veiller sur les semailles d'hiver qui produiront les bonnes moissons de l'été prochain. Les cierges bénis sont emportés dans les foyers pour le protéger. Aujourd'hui, on bénit les cierges pour rappeler que Jésus est lumière du monde. |
| Les crêpes. |
| Tous ces symboles se retrouvent aujourd'hui dans cet emblème de la Chandeleur qu'est la crêpe. Ce disque doré rappelle lui aussi le soleil, dont le retour commençait enfin à se préciser les peuplades du Nord de l'Europe et pour les Celtes. On dit aussi que notre pape Gélase retapait avec des crêpes les pélerins arrivés à Rome en pélerinage. La crêpe est faite à base du froment de la moisson précédente, que l'on utilise ainsi en quantité car les futures moissons ne sont plus très loin ! Voilà sans doute pourquoi la crêpe est si populaire en Bretagne. Même si sa variante au sarrasin est moins dorée mais permet des mariages salés. Avec une bolée de cidre, la fête est complète. On fait sauter la première crêpe sur l'armoire, car elle ne moisira jamais. L'intérêt de cette pratique peut paraître limité, sauf si elle préserve de la moisissure l'ensemble de la future récolte ! De plus il faut les faire sauter avec une pièce dans la main afin de s'assurer prospérité toute l'année. Le tout aux lueurs des chandelles, qui par ailleurs éviteront à la cuisine de rester enfumée pendant 3 jours ! |
| Légendes
amérindiennes. |
| Origine des sucres. |
| Bien avant l'arrivée des colons européens en Amérique du Nord, les tribus amérindiennes de l'est du Canada et du nord-est des États-Unis auraient découvert comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop. Certains racontent que les chiens des Amérindiens, par leur comportement, auraient mis la puce à l'oreille de leurs maîtres: une branche s'était cassée et les chiens se bousculaient tout autour pour lécher la sève qui coulait, et c'est ainsi que les Amérindiens eurent l'idée d'y goûter. Une autre version indique qu'un petit écureuil grimpa le long d'un tronc d'arbre et mordit une branche... et se mit à boire. Un Amérindien au bas de l'arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu'une source d'eau fraîche coulait tout près. Il imita l'écureuil en faisant une fente de son couteau... quelle surprise! Jusqu'alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages. Et voilà un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal. En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps. Tout ça parce qu'il avait regardé et imité un écureuil se désaltérer avec la sève d'un érable... Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois, auteur illustre de la Flore laurentienne, affirme carrément que les Amérindiens apprirent de l'écureuil roux l'existence du sirop et de la tire d'érable. En effet, lorsque qu'une branche d'érable à sucre casse sous le poids du verglas, la blessure causée coule au printemps. De cette entaille naturelle, la sève suit toujours le même trajet, parfois même jusqu'au pied de l'arbre. Jour après jour, le chaud soleil printanier évapore l'eau et il ne reste finalement qu'une traînée de tire d'érable que les écureuils roux lèchent goulûment. Les Indiens Shippawa du Michigan. Une magnifique peinture nous les montre s'installant pour la saison des sucres dans une forêt d'érables où ils reviennent chaque année. Autant de tribus, autant de légendes amérindiennes expliquent comment cela a pu se passer... |
| Micmac. |
| Par une journée de tôt printemps, alors que le vent était encore frisquet, une vieille femme Micmac alla ramasser la sève des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot qu'elle plaça au-dessus de son feu de teepee. Fatiguée, elle alla s'étendre pour se reposer. Lorsqu'elle se réveilla, le soir était déjà là. Dans le pot, elle trouva un sirop doré, clair et sucré. |
| Algonquin. |
| Le chef prit son tomahawk de l'érable dans lequel il l'avait enfoncé la veille. Comme le soleil montait dans le ciel, la sève se mit à couler. Sa femme la goûta et la trouva bonne. Elle s'en servit pour cuire la viande: ce qui lui évita d'aller à la source pour chercher de l'eau. Le goût sucré et l'odeur douce furent très appréciés par le chef. Il appela le sirop dans lequel avait bouilli la viande, Sinzibuckwud, mot algonquin qui veut dire "tiré des arbres". |
| Iroquois. |
| Par un matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu'il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk de l'érable dans lequel il l'avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde entaille dans l'arbre mais Woksis n'y fit pas attention. Il partit chasser. Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l'érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l'eau s'écoula de l'entaille faite dans le tronc de l'érable et remplit le récipient. Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l'eau, elle s'en servit pour faire un ragoût de gibier. Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme: "Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré." N'y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l'après-midi. Woksis avait raison: le ragoût était sucré. On venait de découvrir le sirop d'érable! |
| Légende de Nokomis = La terre. |
| Nokomis, grand-mère de Manabush et héros de nombreuses légendes indiennes, aurait été la première à percer des trous dans le tronc des érables et à en recueillir la sève. Manabush, constatant que la sève est un sirop prêt à manger, dit à sa grand-mère Nokomis: "Grand- mère, il n'est pas bon que les arbres produisent du sucre aussi facilement. Si les hommes peuvent ainsi sans effort recueillir du sucre, ils ne tarderont pas à devenir paresseux. Il faut tâcher de les faire travailler. Avant qu'ils puissent déguster ce sirop exquis, il serait bon que les hommes soient obligés de fendre du bois, et de passer des nuits à surveiller la cuisson du sirop." Craignant que Nokomis ne l'écoute pas, Manabush grimpa au haut d'un érable avec un vaisseau rempli d'eau et versa le contenu à l'intérieur de l'arbre. Le sucre se dissout et l'on dut travailler dur désormais pour se procurer du sirop. |
| Le dieu Nanabozho. |
| Il y a bien longtemps, du sirop pur, comme celui dont on arrose ses crêpes, coulait des érables. Lorsque le dieu Nanabozho y goûta, il le trouva tellement bon qu'il se dit que les habitants de la Terre n'apprécieraient pas ce sirop s'ils pouvaient se le procurer aussi facilement. Nanabozho ajouta donc de l'eau à l'épais sirop fourni par l'arbre, tellement d'eau que le liquide finit par ressembler à de l'eau sucrée. Il dissimula ensuite cette sève au plus profond de l'arbre. Depuis ce temps-là, les hommes doivent travailler fort pour obtenir du sirop d'érable. |
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