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Traditions et origines des Fêtes de fin d'année
Paiennes au Moyen Age puis devenues sacrées au fil de siècles
La bûche de Noel
 
La coutume voulait que, la veille de Noël, on aille chercher une énorme bûche de bois franc, appelée bûche de Noël, et qu'on la rapporte à la maison en grande pompe. Le soir de Noël, le maître de maison la plaçait dans l'âtre, procédait à des libations, en arrosant le tronc d'huile, de sel et de vin cuit et récitait des prières de circonstance. Dans certaines familles, c'était les jeunes filles de la maison qui allumaient la bûche avec les tisons de celle de l'année précédente, qu'on avait pris soin de conserver précieusement. Dans d'autres familles, c'était plutôt à la mère que revenait ce privilège. Les cendres de cette bûche avaient, dit-on, la propriété de protéger la maison de la foudre et des pouvoirs maléfiques du diable. Le choix de l'essence du bois, les pratiques d'allumage et la durée de combustion constituaient un véritable rituel pouvant varier selon les régions. Cette coutume, remontant au XIIe siècle, avait cours dans la plupart des pays européens, notamment en France et en Italie, où la bûche de Noël était appelée ceppo. Au Québec comme en France, cette tradition aurait perduré jusqu'au dernier quart du XIXe siècle. La disparition de cette tradition coïncide avec celle des grands âtres, remplacés progressivement par des poëles de fonte. La grosse bûche fut alors remplacée par une petite bûche de bois, parfois rehaussée de chandelles et de verdure, qu'on plaçait au centre de la table comme décoration de Noël. Aujourd'hui, la bûche de Noël est devenue une pâtisserie traditionnelle, succulent gâteau roulé, glacé de crème au café ou au chocolat et décoré de feuilles de houx et de roses en sucre.
 
Les cartes de voeux
 
Ancêtres de la carte de souhaits, les feuillets de bons voeux apparurent dès le début du XVe siècle. Leur succédèrent, au XVIIIe siècle, ces imprimés que les marchands envoyaient à leur clientèle pour le Nouvel An. Faisant partie de nos traditions du temps des Fêtes, les cartes de voeux que l'on échange à l'occasion de Noël ou du Nouvel An tirent leur origine, une fois de plus, de l'Angleterre. L'évolution de cette coutume se fit d'ailleurs rapidement en Europe, notamment en Allemagne, grâce à un tout nouveau procédé d'imprimerie mis au point par Aloys Senefelder en 1796. Cette technique, appelée lithographie, permettait de reproduire en très grande quantité un dessin ou un texte tracé au préalable sur une pierre à grain très fin. En 1840, année où le premier timbre postal était lancé en Angleterre, on éditait une première série d'enveloppes décorées de motifs de Noël. Trois ans plus tard, la première carte de souhaits voyait le jour. Elle fut réalisée par John Calcott Horsley pour le compte de Sir Henry Cole. Cette carte montrait une famille en train de célébrer joyeusement Noël en levant son verre "pour une santé". Cette scène choqua vivement les défenseurs de la "tempérance", qui n'hésitèrent pas à la dénoncer. La première carte de souhaits "américaine" serait l'oeuvre d'un lithographe allemand, Louis Prang, émigré aux États-Unis vers 1850. En 1860, Prang installa son atelier à Boston (Massachusetts) et commença à produire les premières cartes de souhaits en couleur. A cette époque, cependant, les cartes de souhaits étaient davantage rattachées au jour de l'An qu'à Noël.
 
Fêtes païennes du Moyen Age
 
Au Moyen Âge, la fête des fous et la fête de l'âne furent très populaires. La fête des fous était célébrée le jour de Noël le 25 décembre, ou le jour de l'An ou de l'Épiphanie. Elle rappellait les Saturnales romaines. C'était un temps de liberté où les domestiques devenaient les maîtres et les maîtres les domestiques. En cette seule journée, les valeurs établies de la société étaient renversées et la religion était tournée en dérision. La fête de l'âne était célébrée dans certaines villes la veille de Noël ou au cours des secondes vêpres le 25 décembre : en souvenir de la fuite en Egypte, une jeune fille tenant un enfant dans ses bras pénétrait dans une église à dos d'âne. Pendant la messe, toutes les prières se terminaient alors par "hi-han". L'Église a rapidement interdit ces célébrations qui prenaient un caractère obscène.
 
Les contes et légendes de Noël
 
En France au Moyen Âge, la culture traditionnelle puise au coeur des Évangiles apocryphes d'innombrables récits de Noël. Cette tradition orale mettra des siècles avant de constituer un genre littéraire véritable. Ces histoires, contes et légendes sont articulés autour de nombreux motifs, des histoires de trésors, de morts qui reviennent hanter les vivants, et autour de la Nuit des Merveilles pendant laquelle les animaux ont le don de la parole. Selon les régions, le conte de Noël français s'inspire de la géographie, la faune, la flore ou la vie quotidienne. Ainsi, la très belle légende de la sauge met en vedette la sainte Famille et trois plantes que l'on retrouve en Provence. De la même manière, le conte du petit ramoneur retrace la vie des pauvres gens. À la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles, le conte de Noël sera reconnu comme un genre littéraire, grâce à l'écrivain anglais Charles Dickens et à son célèbre récit : A Christmas Carol. Au Canada français, les contes empruntent le chemin des camps de bûcherons. On y retrouve des récits d'origine française où des punitions sont infligées aux mécréants qui refusent la charité à autrui la nuit de Noël, d'autres où des âmes charitables sont récompensées pour leur bonté envers les démunis. On parle aussi des personnages de la sainte Famille et de héros fantastiques comme Tom Caribou, sans oublier les légendes de loup-garous, de feux-follets et de chasse-galeries. La version québécoise de la chasse-galerie est un canot d'écorce emportant dans le ciel des bûcherons, désireux de rentrer chez eux pour la veillée de Noël. Pour y parvenir, ils pactisent avec le diable. Un des compères oubliant son serment provoque la chute du canot en prononçant le nom de Dieu. La fuite en Égypte et les miracles :
 
La légende de la sauge.
Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son coeur tremblant. Joseph courait à l'avant lorsqu'ils apercevaient un village, pour y demander l'hospitalité ou même un peu d'eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole. Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l'âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants. - Les soldats d'Hérode ! Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le plus petit palmier. Il n'y avait près de Marie qu'un buisson où une rose s'ouvrait. "Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l'on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi morte." La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit : " Passe vite ton chemin, jeune femme, car les bourreaux en m'effleurant pourraient me ternir. Vois la giroflée, tout près d'ici. Dis-lui de t'abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler. - Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée." La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s'expliquer : "Va, passe ton chemin, pauvresse. Je n'ai pas le temps de t'écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge, tout près d'ci. Elle n'a rien d'autre à faire que la charité. - Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie et sa mère, à demi morte de faim, de fatigue et de peur." Alors tant et si bien s'épanouit la bonne sauge qu'elle couvrit tout le terrain et de ses feuilles de velours fit un dais, où s'abritèrent l'Enfant Dieu et sa mère. Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d'épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait. Puis, comme ils étaient venus, les soldats s'en allèrent. Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri. " Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront." Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l'âne tout ragaillardi par une vaste platée d'orge qu'un brave homme lui avait donnée. Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé. Et Michel, l'archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Égypte, tout doucement, à petites journées. C'est depuis ce temps-là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède tant de vertus guérissantes : Comme l'on dit en Provence : «Celui qui n'a pas recours à la sauge Ne se souvient pas de la Vierge.»
Joseph Roumanille (repris par M. Toussaint-Samat) Légendes et récits du temps de Noël.
 
Le sapin de Noël.
L'arbre de Noël regroupe plusieurs symboles montrant les richesses que nous offre la nature : la lumière, les anges, les fruits des vergers, des champs, de la forêt et de la mer. L'étoile qui brille à son faîte annonce la fin du voyage, le havre de paix. Au XIe siècle, on présentait des scènes appelées Mystères, dont celle du Paradis fort populaire durant l'Avent. Garni de pommes rouges, un sapin symbolisait alors l'arbre du Paradis. Au cours du XVe siècle, les fidèles commencèrent à l'installer dans leurs maisons, le 24 décembre, jour de la fête d'Adam et Ève. Toutefois, le premier arbre de Noël tel que nous le connaissons, mais sans lumières encore, serait apparu en Alsace en 1521. Il fut ensuite introduit en France par la princesse Hélène de Mecklembourg qui l'apporta à Paris en 1837, après son mariage avec le duc d'Orléans. Au XVIIIe siècle, la coutume du sapin décoré était déjà bien implantée en Allemagne, en France et en Autriche. En 1841, le prince Albert (originaire d'Allemagne), époux de la reine Victoria, fit dresser un arbre de Noël au château de Windsor, en Angleterre. De la cour, la mode du sapin de Noël se répandit rapidement chez la bourgeoisie et se propagea ensuite chez les gens du peuple. À l'époque victorienne, un beau sapin de Noël devait avoir six hauteurs de branches et être posé sur une table recouverte d'une nappe de damas blanc. On le parait de guirlandes, de bonbonnières et de fleurs en papier. Son introduction au Canada se fit vers la fin du XVIIIe siècle, avant même qu'il ne devienne une pratique courante en Angleterre. Les divers éléments servant à son ornementation furent d'abord conçus à la maison, avant d'être produits en industrie. Au milieu du XVIIe siècle, l'illumination du sapin se faisait au moyen de petites bougies. Elles seront remplacées, au début du XXe siècle, par des ampoules électriques. D'autres variantes, tels les sapins extérieurs et artificiels, apparaîtront au tournant du XXe siècle. Introduction du sapin au Canada La coutume de décorer un sapin pour Noël fut amenée aux États-Unis par les premiers immigrants allemands. Au Canada, cette tradition fut également introduite par un Allemand. En 1781, le général Von Reidesel plantait, à Sorel, le premier sapin de Noël en sol québécois. Cette coutume se répandit au cours de l'époque victorienne, se limitant toutefois à la classe bourgeoise. A partir de 1920, cette pratique commença à se généraliser dans les grands centres urbains. En milieu rural cependant, le sapin décoré ne devint une réalité familière qu'au cours des années 1930. Du petit sapin de table on passa, vers la fin du XIXe siècle, aux premiers sapins de grande dimension. Cette nouvelle mode serait attribuable à l'arrivée des premiers supports en métal sur le marché. Dans les milieux populaires, on remplaçait ces supports trop coûteux par deux planchettes de bois croisées et clouées ou on plantait le sapin dans un seau rempli de terre. Loin de disparaître, la tradition du sapin naturel est plus vivante que jamais. Au Canada, la culture du sapin baumier est en pleine expansion. Chaque année, on abat plus d'un million de ces conifères, dont plusieurs dizaines de milliers sont exportés aux États-Unis, au Mexique, au Vénézuela et même en Allemagne. L'illumination du sapin L'utilisation de petites bougies pour illuminer l'arbre de Noël remonte au milieu du XVIIe siècle. Toutefois, ce n'est qu'au début du XIXe siècle que la coutume s'installa vraiment en Allemagne et, peu après, dans les pays slaves de l'Europe de l'Est. Les premières bougies étaient fixées au bout des branches du sapin au moyen de cire ou d'épingles. Arrivèrent par la suite les petites lanternes et les petits bougeoirs facilitant l'installation des chandelles. Les bougeoirs à pince firent leur apparition vers 1890. Quant aux globes de verre et aux lanternes, ils furent créés entre 1902 et 1914. C'est à New York, en 1882, que l'on réussit pour la première fois à illuminer un sapin de Noël à l'électricité. Edward Johnson, associé de Thomas Edison, illumina un sapin de Noël avec une guirlande de 80 petites ampoules électriques, qu'il avait lui-même conçue. La production de telles guirlandes débuta vers 1890. Dès 1896, un premier sapin illuminé à l'électricité était dressé à Westmount, au Québec. En 1900, certains grands magasins installèrent de grands sapins illuminés afin d'attirer la clientèle. La mode étant désormais lancée, cette coutume se répandit au Canada au fur et à mesure que s'effectua l'électrification des villes et des campagnes. Cette innovation technologique vint modifier l'habitude de ne dresser son sapin que le 24 décembre, à cause du risque d'incendie. Dès lors, il fut possible de l'installer plus tôt et de ne le défaire qu'au lendemain des Rois.
 
Santa Klaus
 
En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste à l'emploi du journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly, revêt Santa Claus d'un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d'un large ceinturon de cuir. Pendant près de 30 ans, Nast illustra au moyen de centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus, connu chez les francophones comme étant le père Noël. En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d'un dessin illustrant deux enfants regardant, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu'aux États-Unis. L'année suivante, l'écrivain américain George P. Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets et "sa demeure, pendant les longs mois d'été, est cachée dans la glace et la neige du pôle Nord". En 1931, le père Noël prit finalement une toute nouvelle allure dans une image publicitaire, diffusée par la compagnie Coca-Cola. Grâce au talent artistique de Haddon Sundblom, le père Noël avait désormais une stature humaine (le rendant ainsi plus convaincant et nettement plus accessible), un ventre rebondissant, une figurine sympathique, un air jovial et une attitude débonnaire. Ainsi, pendant près de 35 ans, Coca-Cola diffusa ce portrait du père Noël dans la presse écrite et, ensuite, à la télévision partout dans le monde. L'idée que les enfants se font aujourd'hui du père Noël est encore fortement imprégnée de cette image. Il y a de cela 21 ans (1974), trois employés du Service des communications de la Société canadienne des postes, à Montréal, décidèrent de répondre à la centaine de lettres que le Père Noël avait reçues cette année-là. L'année suivante, la nouvelle se répandit et le père Noël reçut davantage de courrier, si bien que les trois comparses en avaient plein les bras. Ils demandèrent donc l'aide de collègues pour les assister dans cette agréable mission. Avec le temps, l'affaire fit boule de neige. Finalement, en 1983, la Société canadienne des postes instaura un programme national destiné au courrier du père Noël. A cette occasion, elle émit un code postal réservé exclusivement au père Noël. Celui-ci aime bien son code postal (HOH OHO) car, pour le dire, il n'a qu'à rire. L'an passé (1994), plus de 13 000 employés et retraités des Postes ont répondu, dans leurs temps libres, à plus d'un million de lettres adressées au père Noël. La réponse étant rédigée autant que possible dans la même langue que la lettre de l'enfant, les aides du père Noël ont ainsi expédié des envois dans une vingtaine de langues et en braille. Le père Noël reçoit également des lettres pathétiques d'enfants affligés par la maladie, le divorce ou le chômage de leurs parents ou, pire encore, par la guerre. Aussi, des psychiatres de l'Hôpital Sainte-Justine pour enfants, de Montréal, se chargent de répondre bénévolement à ces lettres qui demandent une attention particulière.
 
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