Il
était une fois, dans ce pays lointain, la plus jolie des Elfes que l'on puisse
imaginer.
Ses ailes étaient de la couleur des plus belles des fleurs,
et
son rire avait le son des plus claires clochettes.
Elle était, peut-être aussi,
la plus taquine. . .
Ce matin là, la quiétude des lieux fut déchirée par de
gros éclats de voix.
Des éclats, tout coupants, comme des tessons.
-" Tu
es trop jeune ! ", criait le Roi.
-" Tu me briseras le cœur ! ! ", pleurait
la Reine, en essuyant ses yeux de biche, d'un mouchoir de dentelle le plus beau,
pour l'occasion.
Les grands chagrins sont plus nobles quand ils sont brodés.
Il faut
dire que ce jour-là, leur plus jeune fils avait dépassé la mesure.
Le Roi et
la Reine Dentelle avaient toujours eu fort à faire avec Jean l'entêté. Et ne voilà-t-il
pas qu'il voulait maintenant être chevalier.
Et parcourir le monde! Et braver
tous les dangers!
Et tout de suite, encore!
Du
haut de ses dix ans, Jean l'entêté ne fléchit pas une seconde. Sa décision était
prise.
Il serait le plus courageux des chevaliers que cette terre n'ait jamais
portés!
Insensible, enfin presque, aux reniflements de sa mère,
la Reine Dentelle et à la grosse voix autoritaire, de son père le Roi,
il sella
son plus beau cheval... et partit.
... Le temps de grimper dessus...
Ce
n'est pas toujours facile, avec de petites jambes, de bondir fièrement sur un
si haut destrier.
-"Hop-là!
Yaouh! Je suis le plus grand, le plus courageux de tous les chevaliers! Yaouh!
Yaouh!",
chantait-il à tue-tête sur le chemin.